samedi 31 mars 2012

jeudi 22 mars 2012

PROPOS D'ATELIER















Arpaillargues, 22 mars 2012

Il arrive qu'une peinture soit aussi un espace où s'exprime ce que l' "Ordre" ne saurait cautionner, n'accepterait de voir, lire, entendre, encore moins écouter, sans y mettre le holà. Sous la peinture se révèle parfois un acte de désolidarisation.
Là, point n'est besoin de répression, de quelque sorte que ce soit, de quelque autorité que ce soit, si l'ordre ne l'atteint pas, pas directement, il atteint le peintre. Une telle peinture ne recevra aucun public des sociétés auxquelles nous appartenons. Il y veille et y pourvoit efficacement, très efficacement. Il y a ainsi des peintures que nous voyons et d'autres que nous ne voyons pas. Ma peinture est de celles-ci.
Bien entendu il faut chercher derrière cette invisibilité un parcours, des facteurs, des trajectoires croisées, un héritage, un environnement. Ils vont se circonscrire à l'atelier, sur la toile. Cette peinture est un aller-retour entre ce qui n'est pas formulé et ce qui pourra l'être. Pourtant cette peinture, me semble-t-il, a plus de force que le verbe, elle le précède et le dépasse. Nos sociétés évoluent dans l'univers de leurs cadres, les arts parviennent à en déborder, pour peu qu'on s'y accorde.

Ma peinture doit autant à quelque éclat d'obus(*) qu'au manque de préparation qui procéda à mon entrée dans le monde des adultes pour parvenir à une intégration favorable. C'est ainsi que j'ai construit laborieusement mon existence sur des frontières qui se franchissent sans visa. Ma peinture est une sorte de patrie de substitution mais ce n'est pas pour autant un périmètre offshore. J'y délivre des visas que personne ne sollicite.

H.S.
(*) Je fais allusion ici à un éclat qui tua mon grand-père Edouard en 17, poilu sur le front alsacien, faisant de mon père, à l'âge de neuf ans, un enfant pupille de la Nation. Ce n'est que bien des années après mon enfance que je compris qu'un père ne pouvait transmettre ce qu'il n'avait reçu du sien, combien j'en avais pâti, à mon tour, et combien redoutable est ce qui se substitue à ce qui fit défaut.


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