vendredi 10 juillet 2009

MESSAGE 146 / VACANCE / VACANCES






















Suchet, Etude

L'été se prête à toutes sortes de ruptures. De toutes natures. La saison des vacances initie volontiers cette forme d'évènements. Je n'avais pas réalisé non plus combien la vie sur les blogs pouvait être souterraine. Jusqu'à ce que des propos directement malveillants à mon endroit me mettent la puce à l'oreille.
Face à ce premier constat, que pouvais-je faire? Prendre acte.
Face au second? Une disposition : je ne commente plus sur les blogs où, en trop grand nombre, la traçabilité des commentateurs laisse à désirer, est largement anonyme.



La blogoshère a ses morts. Certains non-identifiés, comme à la morgue. Quelqu'un me fait remarquer la disparition d'un blog. Entendez sabordage, non pas suspension. Motivée, ou non, par son auteur? Non, pas du tout, rien de ce genre. Un blog-suicide quoi. On avale son blog comme on avale des barbituriques, on supprime définitivement son blog comme on se supprime en se jetant sous une rame de métro.



Enfant, j'eus l'heur et le malheur de faire mes études secondaires en internat. A l'époque je rêvais que mes camarades de récré fussent les mêmes que mes camarades de salles de classes et de salle d'étude. Le geste m'a toujours plus importé et préoccupé que le résultat, la victoire. L'origine de mes premières déconvenues et de mes premières joies est là. Le geste, la beauté du geste.



Dans le fond, je suis un garçon très binaire. Je distingue entre ceux que je regarde et ceux avec lesquels je joue, j'étudie. Pour le geste.
J'ai conservé mes culottes courtes ... pour le geste encore.



Qu'avez-vous pris comme lectures avec vous si vous êtes en vacance, en vacances, en congés?


Mais où donc, disais-je, déjà :
aujourd'hui je me sens sur mon déclin d'oeil, et vous? Dans la twit box du MAMI, of course.

Bye.

Deale esq., Propos d'atelier.

mardi 7 juillet 2009

MESSAGE 145 / LA REVANCHE DU SPECTATEUR





















Suchet, Etude

Je cherchais ce matin parmi mes tableaux lequel d'entre eux pourrait bien ressentir ce que je ressens. Je les ai tous écartés. Pourtant lequel ne ferait pas l'affaire?
Ma peinture n'apaise pas, elle rend compte.
Seul peindre apaise, regarder ce qui est peint aussi, peut-être, sauf à y être trop lié.

C'est la revanche du spectateur.

Propos d'atelier, juillet 2009

vendredi 3 juillet 2009

MESSAGE 144 / A à l'Atelier





















Suchet,
Etude n° x, série " Entre masque et visage ", huile sur papier marouflé sur bois, 101 x 71cm, 1997



Rien ne ressemble moins à à l'Atelier que lorsque je pense, réfléchis, devise, songe. A à l'Atelier les choses surgissent. Surgissent sous la main. Après à l'Atelier, je travaille, retravaille, condamne, signe des remises de peine, des grâces. A à l'Atelier il n'y a pas avant, pendant, après.
C'est en marchant que mes pistes surgissent, mes idées, mes alternatives, mes dérivés, mes réponses, mes inquiétudes et mes apaisements. Alors je cours vers à l'Atelier, je note sur un bout de papier, sur ma clef usb cervicale.
Et les mots, les notes d' atelier? Oui d'atelier pas d'à à l'Atelier. Vous voulez parler de mes monologues? Et vous dans tout ça? Vous? Des invités à indiscrétions, des invités à devenir confidents, ce que vous voudrez.
Tiens, savez-vous que les seuls blogs qui m'intéressent sont ceux-de-ceux d'entre vous qui font quelque chose, génèrent, rédigent une pensée, un texte, un dessin, une musique produits par eux, pas des magazines de salles d'attente.
Je sais, être spectateur est extrêmement difficile, plus difficile encore, ingrat. Plus difficile encore que critique, mal payé de retour. Oui, qui que vous soyez je ne vous pardonne rien.

A à l'Atelier la peinture ne dit rien, ne répond rien. Tout se lit entre son masque et son visage. A à l'Atelier la peinture n'écrit pas.

Deale esq., Propos d'Atelier, juillet 2009.

mercredi 1 juillet 2009

MESSAGE 143 / LE REGARD DU PHOTOGRAPHE

L'ambiance était un peu noire à l'ouverture du MAMI aujourd'hui, alors je mes suis attelée à une petite animation pour conjurer la morosité. Voulez-vous l'adresse? Ca se passe en chambre noire et se termine en happy end.

Cliquez

Clémentine, avec le sourire.

mardi 30 juin 2009

MESSAGE 142 / 1996-2009

Je souhaitais depuis des années qu'une salle fut ouverte au MAMI en hommage à trois peintres contemporains dont le travail, la façon dont ils l'ont conduit et qui, malgré la reconnaissance dont il font l'objet, m'ont persuadé de peindre jusqu'à ce que je n'en aie plus les forces. Je m' accrochais à cela dernièrement encore et plus intensément que jamais pour chercher, questionner le sens de bien des sacrifices auxquels d'autres tableaux ne sont plus venus tenter de répondre depuis, tenter de triompher ou rendre grâce, provisoirement, sur un questionnement sans cesse renouvelé.
Dans le même temps j'attendais de voir quelles réponses y apporteraient les clichés que Pierre m'annonçait. Ce sont les clichés de tableaux " posés ", pour la plupart, en 96. Plus revus depuis plus de deux ans à présent et alors que je ne peins plus depuis onze ans passés. Si tout ce que l'on aime pouvait surgir comme ce qui a surgi de ces tableaux comme en moi quand ils se sont retrouvés devant mes yeux on n'y survivrait pas. Je mêle ici les émotions? Comment pourrais-je m'empêcher de les mêler, les emmêler? Les émotions ont beaucoup de choses à partager, en ont beaucoup partagées, partagent bien souvent une même origine même si elles se mêlent à l'imagination, à la pensée.

Vous avez raison je m'attendrissais et déraillait.


Pierre, lui, dans son blog et sa "livraison" présente les choses ainsi :

Le Regard du photographe























Cela fait plus de deux ans que les tableaux du MAMI m'observent. Qu'attendent-ils de moi ? J'ai parfois le sentiment que mon activité photographique est, en grande partie, le résultat de leur regard sur moi. La certitude aussi que j'ai pas encore réussi à soutenir vraiment leur regard, par peur de pas être à la hauteur. Prendre la peinture en photo me semble comme l'ascension de l'Everest. Une mission impossible condamnée à l'avance. Dans un élan d'inconscience, hier, j'ai pris mon sac à dos, mon piolet, une bouteille d'oxygène ...

***

Peu avant, Pierre me parlait encore d'un travail particulier qu'il menait sur un portrait. Il y a dans la conjonction et la combinaison de tout cela, à quoi viennent se superposer, comme si cela ne suffisait pas, toutes les impulsions qui m'orientent sur une autre voie encore mêlant travail de peintre à travail de photographe, peinture et photo, peut-être une sorte de Paint'shot art.

J'ai feint d'oublier deux questions essentielles :
- On poursuit Pierre?
- Il a fait fort, non?

***

Mon père il a le style un peu lourd, non? Ce doit être ce retour en arrière. Un coup dans la nuque suivi d'une tête dans le pare-brise, ce n'est jamais sans conséquences. Le syndrome du rétroviseur. Un coup de blues.
Vous savez, ce n'est pas la première fois que je lui dis qu'il ne sait pas écrire.
Clémentine, Bruits de couloirs.