jeudi 8 janvier 2009

MESSAGE 115 PIXEL / PIGMENT, COUPLE PI/PI





















Suchet, Etude pour un portrait d' Imparfait
huile sur papier, 101 X 71 cms, 01. XI. 1998


La peinture se prête, bon gré mal gré, au traitement photographique. A charge pour le traitement photographique d'y manifester, pour nous d'y reconnaître autre chose qu'un tableau, ce vis-à-vis de quoi le tableau, qui se connaît à fond, parvient fort bien.
Quand la peinture se prête au jeu de la photographie, entendez : lorsqu'elle est photographiée, elle cesse d'être de la peinture.
Je ne déteste pas voir ma peinture sur un écran, bien au contraire. L'écran me révèle une part de l'affection que je lui porte, nos liens. Non que le contact direct avec la peinture s'y dérobe. Non, la peinture en direct ne vous laisse pas le temps du recul, elle fait obstacle à tout substitut.
Revoir ma peinture sur écran me surprend. Je pense parfois : Merde, elle a mal tourné. D'autres fois : Ce n'est pas ainsi que je l'ai élevée, ou encore : Après tout, elle suit sa propre voie, même : Quelle réussite!
Voir ma peinture sur un écran, c'est un peu comme si je feuilletais un album de famille.

Quand je m'arrête sur cet Imparfait à l'écran, je me dis: Ici aussi il a l'air assez con, entendez limité, en vrai, en peinture également pour tout dire mais il y fait plus peinture.
Demander à la photographie d'être au service de la peinture c'est lui demander de se sacrifier, même si, bonne fille, la peinture se prête au jeu à fond. Mais faire en sorte que les deux s'y retrouvent exige énormément de part et d'autre.
Regardez comme l'écran peut se montrer gratifiant. Ne trouvez-vous pas qu'il a l'air plus réfléchi et profond, ci-dessous, à gauche, plus déterminé là, ci-dessous, à droite?


Le couple Pixel/Pigment s'y l'on n'y prenait garde serait un couple rapidement appelé à se séparer. L'intelligence consiste à leur faire faire chambre à part. Ils travaillent alors fort bien ensemble.

***

Prenez garde,
Un jour viendra ou Le MAMI sera pixelisé au Père Lachaise.

33 commentaires:

Magenta a dit…

Si c'était un couple matrice/pigment, ce serait forcément voué à l'échec. Mais là, pixel/pigment, y'a de l'espoir... Je prédis que la notion chambre à part ne durera pas!

Appels d'air a dit…

>Magenta,
?
Je comprends rien à votre commentaire. Mais alors rien du tout.Vous voulez pas essayer de me redire tout cela avec d'autres mots, d'autres images?
Merci à vous.
Baltha

Magenta a dit…

Ne cherchez pas à comprendre Baltha, j'étais dans un délire graphique de plus, je me suis fourvoyée dans mes termes complexes c'est plutôt un couple vecto/pigment que j'aurais du écrire (au lieu de matrice/pigment - qui fonctionne très bien) mais je ne crois pas que vous auriez mieux compris, c'est de la technique des arts graphiques! Ah ces artistes!

Pour vous éclairer (parce que je vous crois curieux) pixel et pigment sont des particules (ou points) de couleurs alors que le vectoriel (et non le matriciel) sont des couleurs et des formes dans lesquelles il n'y a pas de pixel ou point...

Donc pixel/pigment ok et vecto/pigment non, ça ne va pas ensemble.

Finalement, je me perds dans l'explication aussi même si je me comprends! Ha, ha! :-S

Appels d'air a dit…

>Magenta,
Les explications que vous m'apportez m'ont apporté quelques lumières, toutefois je voudrais que vous me fassiez comprendre ce qu'est le vectoriel?
Bon courage et merci infiniment.
Baltha

Mû a dit…

Je m'extrais de mon lit pour te souhaiter une bonne année.
Va bien,

Appels d'air a dit…

>Mû,
J'arrive trop tard alors.
Balthazar arrive trop tard.
Je te souhaite néanmoins une bonne épiphanie et une Bonne Année et des coms cons de,
Baltha

Sylvaine a dit…

Quand je reproduisais des toiles tous feux allumés avec ma chambre et en grand format (dia 20x25), certains collectionneurs ou "gallèristes" me disaient...tiens je n'avais pas vu ce détail !

Appels d'air a dit…

>Sylvaine,

Moi j'ai des souvenirs de séances photos avec un photographe-galère. C'était dû à sa personnalité, pas au travail. Je pense que la photographie peut faire un travail très créatif avec de la peinture. La peinture peut se prêter à beaucoup de choses. Ceci étant, je porte peu d'intérêt aux seuls travaux purement reproductifs des peintures, sinon pour rendre compte et répertorier du travail de peintre, dans ce cas. Je pense qu'un photographe peut travailler pour lui, en travaillant sur de la peinture.
Malgré tout, j'ai travaillé plusieurs mois, à temps complet avec un photographe , un éclairagiste, deux installateurs sur de la mise en scène de peintures. Avec plus ou moins de bonheur.
Dernièrement, mon neveu a photographié les tableaux que je publie actuellement, j'aime ce qu'il m'a donné parce qu'il ne s'est pas attaché à un travail reproductif. Il ne m'a pas livré un travail pour un catalogue. Mais il m'a donné un travail qui me sert de support à un monologue et/ou un dialogue d'atelier, un dialogue de blog.

h.s.

paysagedutemps a dit…

Bonjour Hervé,

J'espère que tu vas bien et que Melchior va mieux.

J'avoue que cette question "Comment photographier la peinture ?" m'intéresse beaucoup. Cette première série de photo m'a donné envie d'aller plus loin. Et le regard de tes tableaux est là au quotidien pour me rappeler : "Où en es tu ? Quand concrétise-tu ce que tu imagines ?"

Mon week-end vient de se libérer... C'est peut-être le signe de me mettre au travail...

Je t'embrasse
Pierre

Appels d'air a dit…

>Pierre,

On s'appelle?
Je t'embrasse,
Hervé

Magenta a dit…

Voilà pour vous éclairer:

http://www.agentsolo.com/ca/en/membre/caronga/capsules/681251.jsp

Bonne lecture!
Magenta

Appels d'air a dit…

>Magenta,
OUI!
Baltha

choule[bnkr] a dit…

vrai que la peinture, photographiée, prend un autre aspect. On perd la texture, les couleurs gagnent en profondeur.
Essaie de photographier ton oeuvre hors du chevalet (dans une pièce de la maison ou dehors), en cadrant plus large. Là encore, on découvre son propre travail différemment.

Appels d'air a dit…

>choule[bnkr],
Merci pour ton com, sur ces photos mon neveu a carte blanche, une sorte de join-venture familiale et picturo-photo.
Sinon, si tu repasses ici, rends-toi là :
http://appelsdair.blogspot.com/search/label/mises%20en%20scenes

http://appelsdair.blogspot.com/search/label/mises%20en%20sc%C3%A8nes

http://appelsdair.blogspot.com/search/label/mises%20en%20sc%C3%A8nes%20de%20peintures

http://appelsdair.blogspot.com/search/label/mises%20en%20sites

Si cela te dit qque chose,
à plus,
Baltha

Michel Cornillon a dit…

C'est vrai ce que tu dis, Baltha, et tu me sembles un peintre intelligent, d'une grande finesses intellectuelle — non, non, je ne me moque nullement
De ta peinture, je ne connais que les représentations photographiques retransmises numériquement par le net, et je les trouve pas mal. Tu le sais. Mais ça ne me suffit pas. Parce que ta peinture, sa texture, son parfum etc, je suis contraint de l'imaginer, ce qui me demande, par les froids actuels, un gros effort et force libations (Bergerac pour ne pas changer).
Pour en venir aux deux portraits juxtaposés à droite de mon écran tandis que je rédige ce commentaire, je préfère l'homme de gauche, le profond, le réfléchi. Il me semble qu'il y a chez cet imparfait beaucoup plus de matière que chez l'autre. Mais je ne voudrais pas t'offenser, ô mon frère !…

Appels d'air a dit…

>Michel Cornillon,
Je trouve excellente la narration que tu fais de la genèse de ton livre Auschwitz Karnaval. Tu devrais en refaire le prologue et l'y insérer ou la reproduire en 4ème de couverture. Ensuite refaire une maquette comprenant la couverture, à l'intérieur un CD du texte, ta génèse en 4ème, recommencer tes envois, y cimpris radios et télés, accepter les interviews, faire rigoler les gens.
Et merdouille au cul verdâtre,
Baltha

SV a dit…

Dialogue !

Appels d'air a dit…

>SV,
Baltha a répondu ou pas?
Baltha

lidia a dit…

En regardant tes tableaux photographiés, des morceaux de ton il m'est arrivé parfois, d'imaginer les odeurs, les parfums, les essences de la peinture du Mami. Les pixels sont inodores.
De toutes façons, ici ou là, ta peinture vit à travers la lumière, le vécu, l'existence de celui qui la regarde, j'en suis convaincue, elle parle et chacun écoute, entend ou reste sourd à sa manière.
Bonne soirée Balth.

Appels d'air a dit…

>lidia,
Tu pousses pas un peu sur le post-partum de la peinture, des fois?
Baltha

Appels d'air a dit…

>lidia,

Faute d'avoir trop recherché et trop longtemps la reconnaissance, j'en suis devenu sourd et aveugle. Au point de ne plus en témoigner en retour, comme je viens de le faire ici même, ci-dessus, pas plus loin que ça, à celle qui m'en exprime une fois encore.
Lidia, je fais ici amende honorable,
Baltha

a dit…

Je comprends ta réflexion sur ce que peut devenir une toile en photo, l'inverse est tout aussi vraie. pourtant il m'arrive parfois de dire "c'est comme une peinture" en regardant le sphotso de matière ici ou là. Cette texture qui jaillit de l'espace peut parfois m'agresser tout autant que la peinture elle-même tant la lumière y est forte et e cadrage soigné...
on ne peut nullement les comparer, ces supports ont chacun leur richesse picturale mais ce que je sais c'est que tes portraits me parlent même en aplat!
Merci pour le lien , Baltha et à bientôt sur Lô'tre page.

Appels d'air a dit…

Lô,
Ma réflexion porte sur le passage, pour le peintre comme pour ses spectateurs, de ce qui est offert à voir sur l'original à ce qu'offre, transformé, son passage à l'écran. Je suppose qu'au début du numérique les photographes se sont interrogés, eux aussi, sur ce que devenait leur travaux en passant du tirage papier à l'écran?
L'écran rend-t-il compte d'une matière comme le font une toile, un tirage papier?
Le deuxième volet de ma réflexion porte sur la création apportée par le photographe qui travaille sur la peinture, quel travail peut-il envisager sur la peinture qui soit un travail photographique indépendant, un travail de photographe pas un simple travail d'archiviste, d'illustrateur, mais bien de photographe à part entière?
Je pensais avoir résolu une partie du questionnement en demandant à un photographe de mettre en scène
et en sites ma peinture. Je guette un photographe qui ferait ou a fait, de sa propre initiative, un travail personnel de photographe sur un travail de peintre.
Au cas où mon développement, ici même, viendrait à tomber sous tes yeux et recevrait une réponse.
Baltha

stickmou a dit…

Ma nouvelle maison devrait être en lien.
:)

Appels d'air a dit…

>stickmou,
C'est noté, dans mon agenda 2009.

Appels d'air a dit…

>Retour à la question de paysage du temps, ci-dessus :
" Comment photographier la peinture? ", mais en faisant avec son objectif ce que le peintre fait avec son tableau, ce qui n'avait jamais été fait jusqu'alors.
Les spectateurs n'attendent pas d'eux un travail de " tapissier ", ils n'attendent pas d'eux un travail qui serait reproductible comme on le demanderait à un artisan.

Baltha

P.S. A revoir, développer, corriger, contester.

Sylvaine V. a dit…

Les éditeurs, les galéristes, les enchèreurs...attendent la perfection pour la reproduction. Sinon t'es éjecté. Mais je dois dire(n'ayant plus à faire ce boulot pro) que ton neveux se débrouille bien et j'aime la voir ainsi sur son suspensoir qui lui donne quelque chose de vivant et d'émouvant. Fin du dialogue.
Pixel de tendresse.

Appels d'air a dit…

>Sylvaine V.
Tout ce que tu dis là m'enchante. Si mon neveu te lit je pense qu'il le sera aussi.
Bises pigmentées.
Baltha

helenablue a dit…

Je trouve la question intéressante , le photographe peut-il intervenir sue le travail du peintre , avoir son regard propre ?

Appels d'air a dit…

>helenablue,
Vous ici?

Clémentine

helenablue a dit…

OH ! Clé , je sens comme une petite pointe de déception !!
Je n'ai jamais oublié de passer par ici ;comment le pourrais-je ?

Hum ...

Appels d'air a dit…

>blue,
Mais non, Blue, tu passes quand tu veux, on n'est pas comme ça au MAMI, il n'y a pas de jetons de présence. Le MAMI n'est pas l'Académie ni un conseil d'administration. Au MAMI les Dati du com on craint, tu sais bien.
Clé des champs

helenablue a dit…

:-)