mardi 30 juin 2009

MESSAGE 142 / 1996-2009

Je souhaitais depuis des années qu'une salle fut ouverte au MAMI en hommage à trois peintres contemporains dont le travail, la façon dont ils l'ont conduit et qui, malgré la reconnaissance dont il font l'objet, m'ont persuadé de peindre jusqu'à ce que je n'en aie plus les forces. Je m' accrochais à cela dernièrement encore et plus intensément que jamais pour chercher, questionner le sens de bien des sacrifices auxquels d'autres tableaux ne sont plus venus tenter de répondre depuis, tenter de triompher ou rendre grâce, provisoirement, sur un questionnement sans cesse renouvelé.
Dans le même temps j'attendais de voir quelles réponses y apporteraient les clichés que Pierre m'annonçait. Ce sont les clichés de tableaux " posés ", pour la plupart, en 96. Plus revus depuis plus de deux ans à présent et alors que je ne peins plus depuis onze ans passés. Si tout ce que l'on aime pouvait surgir comme ce qui a surgi de ces tableaux comme en moi quand ils se sont retrouvés devant mes yeux on n'y survivrait pas. Je mêle ici les émotions? Comment pourrais-je m'empêcher de les mêler, les emmêler? Les émotions ont beaucoup de choses à partager, en ont beaucoup partagées, partagent bien souvent une même origine même si elles se mêlent à l'imagination, à la pensée.

Vous avez raison je m'attendrissais et déraillait.


Pierre, lui, dans son blog et sa "livraison" présente les choses ainsi :

Le Regard du photographe























Cela fait plus de deux ans que les tableaux du MAMI m'observent. Qu'attendent-ils de moi ? J'ai parfois le sentiment que mon activité photographique est, en grande partie, le résultat de leur regard sur moi. La certitude aussi que j'ai pas encore réussi à soutenir vraiment leur regard, par peur de pas être à la hauteur. Prendre la peinture en photo me semble comme l'ascension de l'Everest. Une mission impossible condamnée à l'avance. Dans un élan d'inconscience, hier, j'ai pris mon sac à dos, mon piolet, une bouteille d'oxygène ...

***

Peu avant, Pierre me parlait encore d'un travail particulier qu'il menait sur un portrait. Il y a dans la conjonction et la combinaison de tout cela, à quoi viennent se superposer, comme si cela ne suffisait pas, toutes les impulsions qui m'orientent sur une autre voie encore mêlant travail de peintre à travail de photographe, peinture et photo, peut-être une sorte de Paint'shot art.

J'ai feint d'oublier deux questions essentielles :
- On poursuit Pierre?
- Il a fait fort, non?

***

Mon père il a le style un peu lourd, non? Ce doit être ce retour en arrière. Un coup dans la nuque suivi d'une tête dans le pare-brise, ce n'est jamais sans conséquences. Le syndrome du rétroviseur. Un coup de blues.
Vous savez, ce n'est pas la première fois que je lui dis qu'il ne sait pas écrire.
Clémentine, Bruits de couloirs.

12 commentaires:

laurence a dit…

Oui il faut poursuivre...

Appels d'air a dit…

>laurence,
J'ai indiqué les pistes auxquelles je pense à Pierre, j'ai envie de t'en parler; je lui en touche deux mots quand il rentrera pour le week-end pour lui dire que j'ai envie de te tenir au courant.
Ca me fait très plaisir que tu t'intéresses.

baltha

Appels d'air a dit…

> à Pierre,
Il me vient soudain cette idée que la photo et la peinture peuvent être prises l'une par l'autre, l'une pour l'autre, éprises l'une l'autre?

frasby a dit…

C'est très fragile et très possible cette idée que la photo et la peinture sont peut être prises l'une par l'autre, l'une pour l'autre, éprises l'une de l'autre. A Lyon nous avons une galerie de photographie rare et superbe qui expose souvent des photographes toujours entre ces rives, ou aux rivages de la peinture ou épris ou ... et.
A chaque fois nous en ressortons non pas confondus mais éclairés
cette galerie s'appelle "vrais rêves"
http://vraisreves.free.fr/

Appels d'air a dit…

>frasby,
Redoutez-vous ce qui confond? J'entends ce qui nous plonge dans la perplexité, la confusion, nous désoriente? Je me demandais si ce qui éclaire n'est pas tout aussi déstabilisant. C'est sans sophisme de ma part ici.
Là, je viens de passer mes premières heures d'essai sur des applications possibles, en vain. Je dois avouer que j'ai substitué la graphisme à la photo pour ces premières expériences.
Merci pour votre implication personnelle ici, je communique tout cela à Pierre.

Appels d'air a dit…

>frasby,
J'oubliais, est-ce aussi dans cette galerie, que vous nous recommandez, que je pourrai me procurer ce philtre merveilleux que je vous réclamait il y a peu et auquel je suis accro?
Je suis cela de près,

Baltha

paysagedutemps a dit…

Hervé : bien sûr que l'on poursuit. Les idées se précisent. Il y a même deux pistes qui se présentent, que je vais explorer en parallèle

Frasby : Vrais Rêves, bien sûr. J'aime beaucoup l'équipe qui anime cette galerie. Et certains artistes représentés par la galerie font un travail qui m'intéresse beaucoup : Laurent Camus (dont Le Monde diplomatique a utilisé des oeuvres récemment), Bruno Pilia, que j'ai eu le plaisir de rencontrer à Grenoble le mois dernier et qui fait un travail caustique et plein d'humour, pour ne citer qu'eux

Appels d'air a dit…

>paysagedutemps,
- J'ai travaillé un peu sur cette piste bleue. Je te mail pendant le W.E. sur cela.
- frasby, j'ai oublié comment il se trouve "aliéné" au MAMI, j'aimme assez ce blog cultivé,intelligent, personnel, bien tenu.

Appels d'air a dit…

Pierre,
Seulement ce matin,alors que melchior m'emmerdais pendant la promenade, je me suis dit : " Mais, la réponse à la question de Pierre, - Qu'attendent-ils de moi? - c'est : QUE TU LES PHOTOGRAPHIES A TA MANIERE. "

h.s.

Appels d'air a dit…

Je me demandais au cours de ma promenade si un homme comme celui de ce portrait attendait encore quelque chose de qui que ce soit; moi-même alors et encore parfois...
Je peignais en partie pour cela, la peinture apportait toujours une réponse, une solution fussent-elles éphémères.
h.s.

choule[bnkr] a dit…

j'aime bien ta mise en scène. Et puis on se rend mieux compte de la taille de tes oeuvres. Bon dimanche.

Appels d'air a dit…

>choule[bnkr]
La mise en scène n'est pas la mienne mais de mon neveu Pierre ( 3 liens dans ma colonne verticale, Paysage du temps, P. Suchet ). Ton commentaire me fait très plaisir et pour Pierre aussi.
Salut choule

h.s.