dimanche 19 août 2012

ENTRE BALCON ET ATELIER






J'ai longtemps pensé que ma peinture ne s'accrochait pas, n'était pas faite pour cela. Je suis conscient qu'elle accroche mais, aux yeux du spectateur lambda, elle perd de ce qu'elle est dès lors qu'elle est accrochée à une cimaise. Je fais une peinture qui regarde. Ma peinture dévisage, marche sur les pieds du spectateur, elle n'a pas généralement ces vertus esthétiques qui mettent le spectateur en confiance. Accrochée à un mur il s'en détourne, ailleurs, posée au pied d'un mur le choc frontal est pour le spectateur moins violent parce que moins incontournable, dès lors, plus en confiance, il se risque plus volontiers à lui accorder son attention. Ma peinture compte peu de fans mais elle parvient à créer des liens qui tiennent la route avec ceux qui s'en sont donnés la peine.







Dans la première moitié des années 90, cherchant comment lui épargner cette sorte de discrimination, autant à force de réflexion qu'en méditant sur le sujet je réalisai qu'en superposant les tableaux, en les faisant plus ou moins se chevaucher mes tableaux contournaient l'obstacle qui faisait qu'auparavant le spectateur s'en détournait ou le laissait indifférent voire hostile. 
A suivre

Réflexions entre balcon et atelier, aoû 2012

2 commentaires:

lidia a dit…

Elle m'a toujours touchée parce que tu es fou.
De cette folie qui devrait toujours être et rester inaliénable.

Hervé Suchet a dit…

>Lidia,
Bien content que tu sois là.
H./S.