J'ai fait un rêve. Vous y verrez jusqu'où va se nicher ma mégalomanie picturale.
Jeune encore, j'étais invité à un déjeuner officiel au "Château". Pour marquer le coup je dérobai ma serviette de table qui siégea longtemps dans mon atelier avant, sagesse venant avec le temps ou l'habitude, de l'utiliser pour y essuyer mes pinceaux.
Or, des années plus tard, un autre occupant de l'Elysée s'annonçait à mon atelier. Il y découvrait et reconnaissait la serviette dans son Tiers-état, saisissant ma malice dissimulée sous un feint embarras :" Vous voilà dans de beaux draps ". Jeune encore cependant, car obnibulé par la volonté de ne jamais perdre complètement la face : " En tous cas je ne me souviens pas y avoir fait une indigestion de peintures." Ici prend fin la visite d'un rêve mégalomaniaque.
Bien réveillé, je jure solennellement ici que jamais, au grand jamais je n'accepterais d'invitation du Château au titre de peintre. Rassurez-vous, je sais aussi que cela n'a jamais été envisagé et ne le sera jamais .
Confidence d'atelier, novembre 2012