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dimanche 22 août 2010

APPELS D'AIR PREND L'AIR

De l'air, de l'air, de l'air!
Le MAMI, Salle 1 dite Salle Les Imparfaits, nous avons, ce matin et pour quelques jours,  laissé les fenêtres grande ouvertes et déclaré Journées Portes ouvertes.



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N.D.L.R., si vous êtes intéressé(ée,es, ées) par Les Imparfaits vous pouvez suivre ce lien.

jeudi 3 décembre 2009

vendredi 13 novembre 2009

INCERTITUDES ...


    Etude pour un Imparfait, huile sur papier marouflé sur bois, 101 X 71 cm, 1996.

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Cliquez sur " FULL SCREEN ", ci-dessous (  pour lire le texte, puis sur " EXIT FULL SCREEN " pour revenir à la page courante ). En Attente2


Note perso de Clé : Je ne suis pas mécontente de ma mise en page et de ma présentation, non?

mardi 19 mai 2009

MESSAGE 133 / LES PRESENTS ATTENDAIENT




















On a voulu me témoigner son amitié. On a sonné, frappé, tambouriné à ma porte pour y parvenir. Ils ont entendu Melchior aboyer, me signaler leur présence, leur attente, leur tentative.
On est là, on passe pour te voir, traduisait Melchior, jappant moins fort qu'à l'habitude pour me faire comprendre que lui, Melchior esq., savait.
- Melchior, tais-toi. Il n'y a rien, tu en fais trop. Laisse-moi me reposer encore un moment, on sortira tout à l'heure, tu ne manques de rien.

Depuis dix ans aucune peinture ne sort de cet atelier. Depuis dix ans aucun ami n'y entre. Depuis dix ans je n'attends plus de visite et j'en reçois très peu. S'il en est une que je n'aurais manqué pour rien au monde ... Je n'ai pas répondu quand elle s'est présentée.

Ils ont vu, on leur a dit. J'ai su.

Le thé fut servi. Sinbad-remake était resté à quai. Lorsque Sinbad-remake est sorti de sa torpeur, le thé refroidissait. Les présents attendaient*.

***
Deale esq., Propos d'atelier.

(*) Il y a une bouteille de vin dans le compteur électrique, un recueil de textes dans la boîte à lettres

mercredi 13 mai 2009

MESSAGE 132 / ATELIER VIDE


















Portrait d'Imparfait


Lorsque l'atelier de mon père est rangé, propre, sans odeur c'est qu'il n'en sort rien. Il me faut cependant tenter d'assurer avec régularité la production des publications du blog du MAMI.
Sur une table de l'atelier je trouve cette page manuscrite sur laquelle mon père a transcrit quelques citations* :

" Il est faux de penser que l'art ait besoin d'un spectateur pour être. Le film continue même sans yeux. Le spectateur ne peut exister sans le film. Qui assure son existence.
* It is wrong to assume that art needs the spectator in order to be. The film runs on without any eyes. The spectator cannot exist without it. It insures his existence."
Jim Morrison, Les Seigneurs (1969)

***

" Mais qu'est-ce qu'un révolté, Monsieur ? Quand un homme est broyé et qu'il se tait, c'est un individu normal. S'il proteste et réclame son droit, c'est un révolutionnaire ! "
* Le Soleil des eaux, René Char, éd. Gallimard, 1951, p. 10

***

" Surréalisme, n. m. Automatisme psychique pur par lequel on se propose d'exprimer, soit verbalement soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée par la pensée, en l'absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préocupation esthétique ou morale. "
* Manifestes du surréalisme (1924), André Breton, éd. Gallimard, coll. Folio
essais, 1985 (ISBN 2-07-032279-3), p. 36

" Le merveilleux est beau, n'importe quel merveilleux est beau, il n'y a que le merveilleux qui soit beau. "
*Manifestes du surréalisme (1924), André Breton, éd. Gallimard, coll. Folio essais, 1985 (ISBN 2-07-032279-3), p. 24

***

" Messieurs les dictateurs de l'école pharmaceutique de France, vous êtes des cuistres rognés : il y a une chose que vous devriez mieux mesurer ; c'est que l'opium est cette imprescriptible chose et impérieuse substance qui permet de rentrer dans la vie de leur âme à ceux qui ont eu le malheur de l'avoir perdue. "
* L'Ombilic des Limbes (1925), Antonin Artaud, éd. Gallimard, coll. Poésie/Gallimard, 1956, « Lettre à Monsieur le législateur de la loi sur les stupéfiants », p. 68

***

" Sur le plan intellectuel, c'est en me laissant aller au fond de l'ennui qu'il m'est arrivé de rencontrer des solutions insolites, tout à fait hors de recherche à pareil moment et dont certaines m'ont valu des raisons de vivre. "
* Arcane 17, André Breton, éd. Le Livre de Poche, 2001 (ISBN 978-2253050667), p. 69

***

Je n'ai pu alors m'empêcher de penser : les autres ça aide.

Clémentine
P.S. : Vous pouvez vous rendre encore sur le site officiel du MAMI qui s'actualise progressivement.

(*) Ces citations ont été relevées dans la bibliothèque de Wikipedia.

jeudi 7 mai 2009

MESSAGE 131 / ALL MAMI'S NEWS


















Portrait d'Imparfait, voire plus-qu'Imparfait.

Huile sur papier

Le MAMI n'a pu se rendre à l'expo Entre le marteau et l'enclume ... Bentley ... "en panne de carburant", Edouard auprès des siens pour quelques jours à Dublin et surtout, surtout, un budget de crise qui se répercute sur les lignes de crédits alloués au budget de fonctionnement du MAMI. La crise n'épargne pas le MAMI, secret de polichinelle.
Mon cousin Pierre a publié un compte-rendu de son expo, je le trouve bien sympa, le compte-rendu, Pierre aussi. Ainsi que.

Ici, au MAMI, nous étions sur le chantier de notre site. Il accueille, dores et déjà, la version intégrale, in extenso, gd format de Sur les Canopées, animation que nous ne parvenions pas, jusqu'à là, à publier sous son format originel. Nous nous gaussons du résultat. Si Edouard O' Neeball, le chasseur et chauffeur du MAMI comme chacun sait désormais, apprenait que vous ne vous ne vous y soyiez pas rendu, je crois qu'il vous bloquerait à vie l'entrée du MAMI.

Au chapitre des mauvaises nouvelles et alors que je travaillais à la rédaction de courtes notes sur chacun de nous pour les publier sur le site du MAMI, en page "le staff du MAMI", Melchior esq. nous faisait une peur bleue. Il contractait la piroplasmose. Panique au MAMI. Deale esq., mon père, me disait : Melchior vient de me faire toucher du doigt ce à quoi peut ressembler une fin de vie précaire. C'est vous dire.

Clémentine.

mercredi 29 avril 2009

MESSAGE 130 / J'AI BIEN VIEILLI CET HIVER




















J'ai bien vieilli cet hiver. Bien, non. Beaucoup. Je ne me reconnais plus. Ce que j'étais m'a échappé, ce que je suis devenu m'échappe. Alzheimer identitaire? Non que je ne sache qui je suis, mais ce que je suis.
C'est ma condition qui m'échappe le plus. Je ne porte plus en moi la faculté de savoir, de revendiquer, faire valoir qui je suis.
J'ai perdu ce qui me donnait de l'estime de moi, sa remise à jour. J'ai rétréci, je me suis recroquevillé. Sur des restes, secs.
Mes perspectives, elles aussi, ont fondu. Comme les glaciers arctiques. Je suis en plein réchauffement climatique, vital.
C'est nouveau. Un peu déstabilisé pour donner de l'amplitude à la situation, une dimension, quelque chose avec quoi, qui vivre. Un réduit. Bien vide. Creux.

Deale Esq., Propos d'atelier, avril 2009.

***

Pour redonner de la pêche au MAMI je viens de mettre en ligne la Salle 2 des Imparfaits, vous pouvez vous y rendre en cliquant sur le lien :
Les Imparfaits Salle 2
Sur place, je suis en écoutant l'ambiance musicale best of opéra.

jeudi 23 avril 2009

MESSAGE 129 / LUCARNES

Un minimum de confort est nécessaire à l'exercice de la vertu, disait Thomas d'Aquin.
L'art, lui, n'en demande pas tant, pensais-je.
Propos d'atelier, VII / 2007.


















Portrait d'Imparfait

Au cours de la récente avarie du PC du MAMI, j'ai procédé à des rangements , des rangements différés depuis des lustres. C'est alors que j'ai vu remonter à la surface une série oubliée, Lucarnes, rondes et carrées.
Des pastels sur papier sur lesquels j'avais tracé des ronds et des carrés dans lesquels j'avais étalé tous les restes de pastels accumulés depuis des années.
A l'intérieur d'un de ces cercles était décliné le commentaire reproduit ci-dessus.

Je relis avec amusement cette note qui témoigne, à mon sens, de cette part de la personnalité à la fois angélique et lucide de Deale esq., mon double, comme vous le savez tous maintenant.
Imperceptiblement ma réflexion se prolongea jusqu'à ce phénomène qui semble, soudain, se révèler à nous sous l'appellation de crise.
J'y vois là, cette fois, quelque chose de pathétique. Il y a du pathos, du pathologique dans cette situation que nous décrivons ainsi actuellement.

Et, pour conclure qu'il vaut mieux laisser à d'autres le soin d'aborder cela en ces termes.

Nous leur préférons Lucarnes, rondes et carrées.

Deale esq.

***

Si vous en avez marre des délires pontifiants de mon paternel :

http://www.ipernity.com/doc/k.artistikkkbranletagirl/slideshow?off=0


Vous verrez, il existe des êtres qui, par ce qu'ils sont et font, des êtres qui vous rappellent à l'ordre ... vous rappellent que l'important est de vaincre la médiocrité ... Des êtres qui en imposent, vous en imposent, imposent cela ... sans qu'ils le veuillent, sans ... comme ça ... presque comme ça.

Clémentine

jeudi 9 avril 2009

MESSAGE 127 / ET MOI?


















Suchet, Portrait d'un Imparfait
huile sur papier, 101 X 71 cms, 13. XII. 1998

Et moi, pourquoi ne suis-je pas parmi les crocus?

***
Parce que tu as été peint après que le MAMI se soit séparé de son parc.
Clémentine

mercredi 25 mars 2009

MESSAGE 124 / UN IMPARFAIT ...


J'entendais, il y a peu, cette question de circonstances adressée ici et là dans les allées du Salon du Livre : Quel été le livre le plus important dans votre existence? On se perd parfois à rêver de se voir adressées les questions auxquelles on a toujours eu envie de répondre.
Aussi personne n'a posé la question au MAMI, bien que le MAMI ne se soit pas déplacé dans les allées de ce Salon. Pourtant le MAMi ne répugne pas à répondre aux questions imaginaires, ce sont même les seules qu'il prenne en considération.
C'est ainsi que, moi, MAMI, Deale esq. & consorts je réponds : le livre le plus important de notre existence est, a toujours été Robinson Crusöe. Et bien oui, pas très littéraire, je sais. Métaphysique ou pataphysique? Peut-être?
Un naufrage dont est victime le principal protagoniste, sans en être à l'origine. Une survie, un espoir et un désir de retour à la civilisation, une civilisation. L'aptitude à se maintenir en vie. L'affrontement, la confrontation à l'isolement, la solitude, le cannibalisme, des cultures effrayantes. Maintenir en soi un espace où éprouver le sentiment de sauvegarder, vivre et développer cependant quelque chose d'inaliénable, une porte de contemplation, quoiqu'il arrive. Ce tempérament, ce caractère, ce don de rêveur, de contemplatif, de branleur.
Il arrive qu'un livre, une peinture, une musique portent en eux l'essentiel de ce qui révèle et accompagne durablement une vie, une existence.
Deale esq., Propos d'atelier.
***




















Il arrive même qu'un livre, une peinture, une musique, une danse parviennent à remiser des crises qui aimeraient tant se substituer à eux. Peintures, musiques, livres peut-être va-t-on découvrir, redécouvrir combien nous avons besoin de vous. Ironie paradoxale de la conjoncture, les acheteurs et les collectionneurs se sont, dernièrement, montrés les premiers à nous en donner la preuve.

Clémentine



vendredi 13 février 2009

MESSAGE 120 / NOCTURNE

On demandait à Picasso ce qu'était pour lui une journée idéale de peintre, il répondait, dit-on : la messe le matin, les toros l'après-midi, le bordel le soir. Voilà bien qui tempère, une fois encore, toute l'estime que je porte à Picasso-homme, oui, vous avez bien lu, tempère. Je ne l'aurais pas supporté une demi-heure durant à côté de moi.
J'évoque cette anecdote alors que je tourne en rond trois cent soixante-cinq jours par an dans un atelier dont il ne sort plus rien, où n'entre personne ou presque en dehors de moi-même et de Melchior, depuis dix ans. Alors que, régulièrement, je rumine cet état de fait sans parvenir à m'y adapter,à en faire quelque chose.
Quand le réel rencontre du réel, butte sur lui, je m'en parle d'abord, puis à un interlocuteur s'il s'en trouve un, je l'invente au besoin, je fais appel à l'imagination, à la pensée, pour construire avec ça, à la mémoire encore, à ce que je n'ai pas, plus sous la main pour venir à la rescousse de mes doutes, de mes craintes devant un tel constat. Depuis, depuis que je n'ai plus la peinture. Si, rétrospectivement, je considère qu'elle avait un appétit énorme, elle reste, elle demeure, a toujours été bonne fille. Chaque fois que je me retourne vers elle et la sollicite, jamais nous ne nous quittons sans qu'elle m'ait offert quelque chose.
Qu'est-ce ici, dès lors, qu'une journée idéale? Autrefois, une journée idéale se terminait par une sortie en soirée. Courte ou prolongée, peu importait. Avec ou sans dîner. Voir d'autres gens, parler avec eux, voir ce qu'ils sont en train de faire. Jusqu'à les voir faire semblant était pour moi un facteur, un baromètre de vie. Mais une journée sans sortie du soir restait marquée comme une journée bien morose.
Réussie ou pas, j'ai toujours besoin d'une sortie en soirée pour me sentir vivre, exister. Alors je rends visite à cet atelier et je tente de faire du présent avec du passé. Même si de cet atelier dont il ne sort rien de vraiment neuf, même si je le sens se transformer en bunker. Voire en cimetière. Un atelier d'outre-tombe.
Alors, c'est vrai, le MAMI n'est plus qu'un musée, un musée-cimetière, une urne, un caveau où s'alignent les épitaphes, les ex-voto, bien lisibles, entretenus et propres, râtissés quotidiennement.
Le MAMI n'est pas comme je le déclarais ailleurs un anti-musée. Un anti-musée est un musée vivant. Le MAMI n'est qu'un musée, le MAMI est un mort. Le MAMI est un intermédiaire éthique, vous savez, ces cas non encore tranchés par les commissions d'éthique et le législateur, voués à l'attente d'une mort naturelle ou celle provoquée par une main bientôt sous le coup de la justice.
S'agit-il d'un sursaut, d'un sursis pour le MAMI? Je ne sais pas mettre cela en mots. Une fois de plus, ils me font défaut, les mots je ne sais rien en faire. Je n'ai jamais eu que le geste, mais à quoi bon quand la main est vide? J'ai toujours espéré que des mots puissent sortir de ma main ...
Néanmoins je vous invite à partager une modeste, bien modeste sortie, le MAMI à ses Imparfaits


PROJET IMPARFAITS_0001
envoyé par appelsdair

Deale esq., Propos d'atelier, février 2009.

dimanche 1 février 2009

MESSAGE 117 / EN FACE A FACE


Je vous laisse en face-à-face avec un homme à deux doigts de laisser surgir sa colère ou, impuissant, la laisser retomber.

Suchet, Etude pour un portrait d' Imparfait,
huile sur papier, 101 X 71 cms, 24. XII. 1998

lundi 26 janvier 2009

MESSAGE 117 / AUTOPORTRAIT DE SIR HERVE






















Suchet, Etude pour un autoportrait de Sir Hervé
huile sur papier, 101 X 71 cms, 01. XI. 1998

Un jour Edouard O' Neeball me disait :
- Sir Hervé, me permettez-vous de vous confier à qui vous me faites penser quand vous franchissez ma porte à tambour?
- A qui? fis-je.
- A Grock(*), Sir.
- Sans blague!

Nous passâmes la journée au pub pour sceller une amitié indéfectible.
Maintenant, me permettez-vous cette confidence? Sur cet autoportrait je me trouve vraiment beau, très beau, vraiment, sans blague.

Sir Hervé

(*) Visionnez cette video, je crois que c'est l'un des seuls documents dont nous disposions encore aujourd'hui :
http://www.dailymotion.com/video/x4nk6s_grock2_creation

mardi 20 janvier 2009

MESSAGE 116 / C'EST LE MEC ...






















Suchet, Etude pour un portrait d' Imparfait,
huile sur papier, 101 X 71 cms, 23. X. 1998

Il a une tête des mois de janvier, février...
Ces mois qui ont du mal à émerger.

Il a une tête de mec vraiment insignifiant, insipide;
le type qui ne laisse pas de trace.

Vous pouvez toujours vous arracher pour en sortir quelque chose,
vous n'y parviendrez pas.

Le bonnet de nuit, le con, le chiant,
le casse-toi de là tu pues de la gueule.

Voilà, c'est ça, une tête de souffre-douleur,
le mec à qui on casse la gueule à la récré,
à la sortie du lycée.

C'est le mec qui vous chie dans les doigts
quand vous viendriez à lui demander quelque chose.

Le mec lisse, trop lisse.

Et ce quelque chose de vicelard dans l'oeil droit.
***

Au MAMI on l'a foutu dans un coin à part, il emmerde personne.
C'est sa place.

mercredi 14 janvier 2009

MESSAGE 115 / AVEC LE TEMPS






















Suchet,
Etude pour un portrait d' Imparfait
e
huile sur papier, 101 X 71 cms, 31. XI. 1998

A l'écran ce tableau est un de ceux qui m'en impose le plus, un de ceux dont je me sens le plus proche. Le tableau, la femme, m'en imposent l'un et l'autre.
Avec la maturité cette femme s'est dépouillée des artifices faciles et mondains de la séduction pour acquérir et développer sa lucidité, sa solidité, son volontarisme. Si elle peut sembler quelque peu désabusée, elle regarde les choses en face. Tout cela lui donne énormément d'allure.
Le tableau m'émeut, quant à lui, par ce même dépouillement d'artifices, cette femme surgit au milieu de rien. La peinture s'est affranchie du décor, des décors, de la "tapisserie".
Peindre aujourd'hui, c'était un peu cela pour moi.

jeudi 8 janvier 2009

MESSAGE 115 PIXEL / PIGMENT, COUPLE PI/PI





















Suchet, Etude pour un portrait d' Imparfait
huile sur papier, 101 X 71 cms, 01. XI. 1998


La peinture se prête, bon gré mal gré, au traitement photographique. A charge pour le traitement photographique d'y manifester, pour nous d'y reconnaître autre chose qu'un tableau, ce vis-à-vis de quoi le tableau, qui se connaît à fond, parvient fort bien.
Quand la peinture se prête au jeu de la photographie, entendez : lorsqu'elle est photographiée, elle cesse d'être de la peinture.
Je ne déteste pas voir ma peinture sur un écran, bien au contraire. L'écran me révèle une part de l'affection que je lui porte, nos liens. Non que le contact direct avec la peinture s'y dérobe. Non, la peinture en direct ne vous laisse pas le temps du recul, elle fait obstacle à tout substitut.
Revoir ma peinture sur écran me surprend. Je pense parfois : Merde, elle a mal tourné. D'autres fois : Ce n'est pas ainsi que je l'ai élevée, ou encore : Après tout, elle suit sa propre voie, même : Quelle réussite!
Voir ma peinture sur un écran, c'est un peu comme si je feuilletais un album de famille.

Quand je m'arrête sur cet Imparfait à l'écran, je me dis: Ici aussi il a l'air assez con, entendez limité, en vrai, en peinture également pour tout dire mais il y fait plus peinture.
Demander à la photographie d'être au service de la peinture c'est lui demander de se sacrifier, même si, bonne fille, la peinture se prête au jeu à fond. Mais faire en sorte que les deux s'y retrouvent exige énormément de part et d'autre.
Regardez comme l'écran peut se montrer gratifiant. Ne trouvez-vous pas qu'il a l'air plus réfléchi et profond, ci-dessous, à gauche, plus déterminé là, ci-dessous, à droite?


Le couple Pixel/Pigment s'y l'on n'y prenait garde serait un couple rapidement appelé à se séparer. L'intelligence consiste à leur faire faire chambre à part. Ils travaillent alors fort bien ensemble.

***

Prenez garde,
Un jour viendra ou Le MAMI sera pixelisé au Père Lachaise.

vendredi 2 janvier 2009

MESSAGE 114 / CA ALORS!





















Suchet,
Etude pour un portrait d' Imparfait
huile sur papier, marouflé sur bois, 101 X 71 cms, 13. XII. 1998


Aimez-vous apercevoir, croiser des gens que vous ne saluez pas immanquablement mais que pourtant vous trouvez avec plaisir sur votre chemin? Des gens qui finiraient par vous manquer si vous étiez plusieurs jours sans les entrevoir alors que vous vous rendez sur votre lieu de travail. Avec lesquels, malgré tout, vous ne développerez pas d'autres signes consentis, manifestes de reconnaissance mais qui, à eux seuls, vous ménagent une certaine familiarité vis-à-vis des autres et de l'existence, malgré ses rigueurs de plus en plus manifestes, pesantes, écrasantes.
Il y a des blogs qui me donnent ce sentiment, j'aime bien leur allure, ce qu'ils recèlent ou ne recèlent pas, ce dont, parfois, ils sont totalement dépourvus.

Tenez, c'est souvent que je croise Inuk. Un coup d'oeil me suffit pour percevoir à sa démarche quelque chose d'avenant, qui peut m'accrocher l'oeil. Tenez-vous bien, l'autre jour* pourtant il m'a foutu un choc, oui, un vrai choc. Immobilisé, médusé, scotché sur l'écran. Il montrait une photographie de C. Chaplin,


















Je me suis dit : Mais merde! C'est pas dieu possible, mes Imparfaits et lui, eux deux ont le même regard, tant de similitudes.

Voyez encore vous-mêmes :


J'en suis sang dessus-dessous, les sangs retournés.

samedi 27 décembre 2008

MESSAGE 112 / SEAGULL

Il y a plus de trois décennies, je quittais l'Occident





Si je ne trouvais pas une raison de vivre en Orient, je ne pourrai survivre.
Quand, en 77, je revins
contraint, forçé,
la première salle de cinéma
dans laquelle je pénétrais
projetait :
Le Goéland

***
BONNE ANNEE 2010*

(*) Oui, 2009 s'annonce pourrie aussi le MAMI a préféré vous souhaiter une bonne année 2010.

mardi 23 décembre 2008

MESSAGE 111 / MICRO CACHE AU MAMI

Dupondé & Duponté
dans :
l'Espion de Beaubourg
au MAMI






















Suchet,
Etude pour un portrait d' Imparfait(*)
huile sur papier, marouflé sur bois, 101 X 71 cms, 12. XII. 1998

***


- Dupondé : Ce Suchet, il est vraiment dans l'air du temps.
- Duponté : Comment ça?
- D.dé : Ben, regarde ses personnages, ces têtes de lendemains de Fêtes.
- D.té : Tu veux dire dire qu'il prophétisait la crise ou qu'il nous donne à voir les têtes de nos contemporains en surcharge pondérale post-festivités?
...
- D. : Mais, quelle peinture!
- D.té : Quelle peinture!
...
- D.dé : Il faudra attendre quelques vingt-cinq ou cinquante années avant de voir cette peinture dans les institutions publiques.
- D.té : Au moins.
...
- D.dé : Et puis, ici, on est dispensé des commentaires savants et communicants des critiques d'art et des commissaires.
- D.té : Le public n'a nul besoin de ces célébrants pour faire les répons.
...
- D.dé : C'est ça l'art d'aujourd'hui, vingt-cinq à cinquante ans d'avance sur l'art contemporain, sur les institutions.
...
- D. : Taisons-nous, tu vois ce type là-bas? Il a une tête d'espion de Beaubourg.


(* ) Dupondé & Duponté : et si l' Espion de Beaubourg c'était cet Imparfait? Mais c'est que ça se pourrait bien, nom de dieu.