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vendredi 15 mai 2015

ROBINSON CRUSOE PAR ROBINSON CRUSOE



Depuis des décennies Defoé nous abuse. L'histoire qu'il nous livre est une fiction crée par lui. Le récit authentique de Crusoé vous est rapporté ici : 



et là :



Le Robinson avec lequel vous ferez connaissance n'est pas celui d'un marin naufragé vivant seul pendant 28 ans sur une île déserte avant de rejoindre les siens et y mener à nouveau une vie commune à celle de ses contemporains.
Le Robinson dont je vous donne le récit s'apparente à celui de vétérans de ces guerres modernes qui, de retour au pays, vivent à l'écart du monde pour fuir celui qui leur a fait voir,  commettre exactions, horreurs, laissés pour compte après que l'on se soit servi d'eux pour cela.
Cette histoire je ne l'ai pas inventée, je ne l'ai pas écrite, je l'ai peinte. Cette histoire c'est la mienne. Mon histoire  s'est déroulée ici même parmi vous, vous y avez concouru. Dans cette histoire, mon histoire, je me suis soustrais à vous pour la peindre. Ma vie est la peinture de cette soustraction. C'est en peignant  que j'ai compris que je suis un vétéran que tout sépare de vous, qui n'a plus rien en commun avec ce que vous êtes, bien que vous m'ayez engendré.
J'en laisse un récit en peinture, une peinture perdue, abandonnée. Ma peinture c'est elle, là. J'y suis tout entier. Vous y trouverez ce que j'ai fait de vous, ce que la peinture a fait de moi depuis.
Deale Esq.

jeudi 25 octobre 2012

RIEN NI PERSONNE



La distance critique vis-à-vis de l'ordre établi, ça, rien ni personne ne parviendront à me la retirer. Pas plus qu'on ne me retirerait ma peinture.
Ah bon, direz-vous peut-être, et comment cela est-il possible? Ma peinture, oui, ma peinture est ce qui me permet de résister à tout ce que la société, les hommes pourraient m'opposer; ce contre quoi tout homme malveillant, toute société sourde et aveugle qui viendraient à s'y confronter frapperaient dans le vide. Car ce sont là des cibles qu'ils ne pourraient atteindre.
Propos d'atelier, 25.X.2012

mercredi 12 septembre 2012

FENETRE SUR COUR, NON SUR RUE.

















Je voudrais laisser la peinture derrière moi. La considérer comme une activité d'autrefois. Une fois pour toutes. La considérer, en parler, la penser au passé. Révolue. Cesser d'être questionné par le présent de l'atelier, le présent de la peinture. Passer la main. Il y a un temps, un cap dans la vie où ce qui pouvait, devait être accompli est fixé. Au delà plus rien n'est comme avant. Persister n'est qu'acharnement.
Je laisse la clef sous le paillasson, MERCI DE VOTRE VISITE et de tirer la porte en vous en allant.
H./S.

dimanche 19 août 2012

ENTRE BALCON ET ATELIER






J'ai longtemps pensé que ma peinture ne s'accrochait pas, n'était pas faite pour cela. Je suis conscient qu'elle accroche mais, aux yeux du spectateur lambda, elle perd de ce qu'elle est dès lors qu'elle est accrochée à une cimaise. Je fais une peinture qui regarde. Ma peinture dévisage, marche sur les pieds du spectateur, elle n'a pas généralement ces vertus esthétiques qui mettent le spectateur en confiance. Accrochée à un mur il s'en détourne, ailleurs, posée au pied d'un mur le choc frontal est pour le spectateur moins violent parce que moins incontournable, dès lors, plus en confiance, il se risque plus volontiers à lui accorder son attention. Ma peinture compte peu de fans mais elle parvient à créer des liens qui tiennent la route avec ceux qui s'en sont donnés la peine.







Dans la première moitié des années 90, cherchant comment lui épargner cette sorte de discrimination, autant à force de réflexion qu'en méditant sur le sujet je réalisai qu'en superposant les tableaux, en les faisant plus ou moins se chevaucher mes tableaux contournaient l'obstacle qui faisait qu'auparavant le spectateur s'en détournait ou le laissait indifférent voire hostile. 
A suivre

Réflexions entre balcon et atelier, aoû 2012

mardi 14 août 2012

POUR EN FINIR AVEC LES BANNIERES



J'appelais ainsi ces formats parce qu'ils me rappelaient ces bannières qui, enfants, illustraient nos livres d'Histoire.  L'image guerrière que le mot évoque ne me satisfait pas vraiment mais en en sacrifiant le sens à la forme l'idée que ces bannières symbolisent autant de mes victoires sur l'ordre établi ne va pas sans me réjouir.
Je décidai donc après un temps qu'au final je les réunirai par deux, marouflées sur bois peint en rouge, en conservant  en rouge une bande sur les côtés de chacune d'elles, ainsi qu'un verso intégralement rouge. 
Ces bannières trouvent leur place suspendues en hauteur à la perpendiculaire des côtés de la salle d'exposition.


dimanche 22 juillet 2012

SCHEMA 2

Axes de circulation,




La mise en place de ma peinture lors d'une exposition s'organise ainsi :
Les tableaux sont disposés sur deux travées bordées chacune, à l'extérieur, d'une allée de circulation latérale et séparées, au centre, par une allée de circulation médiane et commune.
Les tableaux sont disposés sur les rangées par 2, 3 ou 4 selon l'espace disponible. Aucun tableau n'est donc accroché, ils sont posés verticalement sur le sol et maintenus en appui sur une perche dorsale.
Le public circule librement dans les travées, les allées latérales et centrale sous le regard du grand Fulambule, des Fulambules nord et sud et celui des Maudits accrochés, eux, aux murs latéraux.
Eventuellement, une projection, en continu, est projetée à même le sol du choeur à partir d'un projecteur installe sur la voute ou le plafond du bâtiment.

jeudi 19 juillet 2012

LES MAUDITS








Les Maudits sont partie prenante de toutes les expos et installations que je conçois. Ils y jouent le rôle d'une sorte d'empêcheurs de tourner en rond, obligent le spectateur à se demander quelles peuvent être les raisons de leur présence, au point qu'il se demandera peut-être ce que lui-même fait ici et hors d'ici. Ils sont les témoins importuns de ce que beaucoup souhaiteraient dissimuler ou encore, fort opportunément, viennent-ils à l'aide de ceux qui souhaiteraient mettre en évidence ce que les premiers tiennent tant à occulter. Les Maudits que j'ai publiés dans leur intégralité sur ce lien témoignent brutalement de ce dont ils ont été victimes.

Les Maudits sont par ailleurs l'antithèse de ceux que j'ai appelés Les Fulambules, ces derniers évoquent une vision métaphorique d'un monde idéal.

mercredi 18 juillet 2012

LAST POINT






































"Nous en resterons là, voulez-vous." Diptyque, tempera, 125 X 52cm, Arpaillargues 2012.

mardi 17 juillet 2012

ATELIER, 3ème entrée par effraction
























La peinture a tempera c'est comme ces courses de chevaux point to point(voir ici)  et (là). Les obstacles se présentent les uns après les autres sans que l'on sache si on en a franchi le dernier, si d'autres vont encore surgir, si le cheval, nous-même ou tous les deux allons ou non chuter au prochain saut. Actuellement j'ignore si j'ai encore les pieds dans les étriers, si je ne suis pas assis sur l'encolure, pire derrière la selle.


Rien ne va plus?

dimanche 15 juillet 2012

ATELIER, par effraction





















































Brut de détrempage, 1er jet.




Sans titre, détrempe, 120 X 52cm, Arpaillargues juillet 2012.

mercredi 11 juillet 2012

UNE FOCALE DE PEINTRE








LBM,
Le réglage de ma focale de peintre observe le protocole que voici: le dessin, la peinture qui surgissent sur le papier, la toile, le mur apparaissent tels les positifs sur le papier du bac révélateur de la chambre noire de photographe. Ma peinture c'est mon bac révélateur. Ma tête, ma main, les rares directives que je leur donne sont les éléments chimiques qui suscitent la révélation de mon dessin sur la toile. Pour la plus grande part, mon inconscient est le facteur majeur de mon révélateur. Ma main, ma tête interviennent à minima dans ce processus d'élaboration. Ma peinture tente de les en exclure. Elles n'interviennent que comme la main du photographe quand il agit sur la lumière en intercalant sa main entre le papier et la source de lumière rouge. Ma main, ma tête  interviennent pour modifier les couleurs, épaissir les traits, des petites choses, quand l'essentiel, lui, se révèle déjà peu à peu, indépendamment sur le papier, comme la main du photographe, avec la même discrétion, intervient sur la densité des aplats noirs et blancs. Il n'y a pas de règles dans ma peinture, s'il y en avait elles n'interviendraient qu'après coup et ne trouveraient un champ d'application que dans la seule reproduction. Or je ne fais jamais deux fois la même chose, je n'en ai nulle envie. Ma peinture ne répond à aucune commande, pas même à celles que je lui imposerais quand bien même je le lui demanderais. Mon atelier n'a rien de commun avec un lieu de travail, travail dans son acception originelle. Bien que l'atelier soit le lieu d'une extrême exigence.
La marge de manoeuvre y est faible. Il en va des tableaux,  des dessins comme des photos, il y en a de bons, d'autres qui le sont moins, d'autres encore qui ne valent rien. L'atelier pas plus que la chambre obscure ne peuvent tout, l'une et l'autre restituent ce qui a été mis dans la "boîte". Le peintre et le photographe sont des médiums, la part majeure de ce qu'ils restituent est le fait de l'humanité toute entière et de son environnement et de leur interaction avec eux, peintre, photographe. La raison, la réflexion, l'expérience, l'apprentissage ne sont, tous comptes faits, qu'intervenants mineurs dans le processus. L'essentiel échappe à tout ce que pourrait expliquer et décrire leurs auteurs, parler d'auteurs ici me semble une usurpation tant je m'y sens pour peu dans tout ce qui se passe là. Le dessin, le tableau d'eux-même viennent se loger sur le support. La main du peintre n'est que le déclencheur du photographe.





Un atelier de peintre n'est pas un lieu de travail, le travail y est même exclu. Les contraintes hiérarchiques, matérielles communes à la vie professionnelles n'y ont pas droit de cité, quand bien même ces droits se rétablissent sur ce qui en sort dès que les oeuvres en franchissent la porte pour être confrontées à tout ce à quoi le "monde libre" peut les exposer. Mais les portes d'un atelier ne s'ouvrent qu'à ceux qui se révèlent en capacité de laisser sur le paillasson les règles contingentes à ce monde libre. La porte de cet atelier s'ouvre à qui sait s'en extraire, s'en exclure, pour un temps. Ma focale de peintre c'est ça LBM.

Et les Rencontres d'Arles 2012 pour moi dans tout ça? Eh bien une chambre noire dans laquelle je me suis retrouvé comme le papier dans le bain révélateur, un passage de l'état de négatif à celui de positif. Après des temps de poses assez prolongés sur deux demies journées. Une chambre noire à l'intérieur de laquelle ni moi ni mon atelier n'avions jamais pénétré. Alors que je croyais et crois encore que l'atelier de peintre offre plus de libertés que la chambre obscure, un lieu où les idées, les intentions peuvent y surgir plus facilement, plus nombreuses, le papier, la toile du peintre offrant un nombre d'objectifs variables à l'infini. A l'atelier du peintre si le sujet est absent au départ, celui du photographe quand il tient l'appareil en main est déjà là, ou bien a déjà foutu le camp. Je rentre à l'atelier depuis quelques mois avec une ligne directrice, originelle qui va influer, déterminer, guider tout le reste : je trace, en premier lieu deux lignes qui se croisent, une verticale, une horizontale. La ligne verticale est la ligne de front, du nez, du menton, du cou, la ligne horizontale celle des narines, des yeux, des oreilles, de la bouche, des épaules. Après ma main et ma tête ne font que s'abandonner à ces lignes directrices et se laisser mener là où ces premières lignes veulent bien les entraîner. Je peins, je dessine comme je signe, deux lignes se croisent sur lesquelles viendront s'inscrire le reste de mon identité pour se terminer sur un point qui en ponctue l'achèvement. Avant de se livrer enfin à mon regard et à d'autres, avant de vivre sa vie, pour jouer son rôle avec nous, comme nous le faisons en société, entre amis, connaissances, selon   ....   selon ce que ...


Mais Les Rencontres d'Arles? Me direz-vous encore. Demain peut-être, un peu plus tard. Je ne sais pas. L'atelier a des secrets qu'il ne me fait pas toujours partager.