Recto, Salle de l'Evêché, Uzès 1996.
e commence un peu mieux à comprendre ma peinture et toujours sans parvenir à l'expliquer verbalement. Je me suis toujours demandé comment les historiens de l'art et autres bavardants se permettaient, bien souvent, de tenter de nous inculquer comment regarder, comment voir. Ne se rendent-ils donc pas compte, ne nous rendrions-nous donc pas compte que ce qu'ils font là n'est que penser, voir, regarder à la place des autres; ne se rendent-ils pas compte que la relation de la peinture à son spectateur n'est qu'une relation individuelle, personnelle, privilégiée, inaliénable et dynamique. Je reproche à ces bavardeurs et bon nombre de leurs musées d'être des voyeurs et des bordels, de nous y cocufier, de nous y tromper.
La peinture n'a pas besoin d'intermédiaire pour s'entretenir avec son spectateur. Elle et lui peuvent tout se dire, ne rien se dire, ne se dire que ce qu'ils ont à se dire. Et, si possible, si possible sans interprète.
Propos d'atelier, Deale Esq., 15 avril 2010.
(*) RECTO est le pendant de verso . La photo présentée ici est, par ailleurs, le recto de celle que nous présentions dans Verso.



