samedi 7 août 2010

BROUILLON DE PAGE


En faisant refaire surface à ce dessin, je découvre un texte au verso d'une épreuve de Carnets d'atelier où je peux lire :

Peu à peu, je veux dire d'années en années, je me suis rendu compte que ma peinture mettait en place un silence entre elle et son spectateur. Peu à peu j'ai appris à constater, évaluer ce silence. A apprécier qu'il fût le facteur, l'acteur qui mettait en place le climat, les conditions pour que s'établisse une relation spécifique entre ma peinture et son spectateur.


 C'est un silence actif, un silence qui s'impose. Qui s'impose aux bruits parasites, à la dispersion, l'inattention. Le silence d'une présence forte, forte mais non dévorante, d'une force immense mais dont on ne redoute rien, dont on n'a rien à redouter.. Troublante mais sécurisante, sans artifice.
Dès lors, je commençai à porter de l'attention puis à développer un travail de mise en scène de ma peinture qui privilégiât ce silence. Pour ajouter, privilégier il fallait d'abord soustraire afin que ce silence gagne en perception possible, intensité, présence, volume.
C'est alors que je me rendis compte que le silence ouvrait la voie, appelait la danse et les sons.
J'en parlai à Edgar, il composa la musique qui allait être celle du Kiosque à Fulambules et tableaux. Les Fulambules, mes silhouettes de bois géantes naissaient simultanément. Ils allaient être des protagonistes majeurs dans mon travail., s'imposer comme le font une enfilade de portes, l'allée des lions à Karnac, les monoïs de l'île de Pâques. S'imposer comme le font les témoins, les acteurs d'un acte de création.
Indépendamment de moi, sans contrainte et en totale adhésion, avec crainte et confiance, je prenais conscience que cela faisait de moi un peintre-chamane, devant moi se produisait un travail semblable à ce que révèlent les parois couvertes d'animaux par l'homme de la préhistoire, une création permanente.
J'en parlai à Deale Esq. redoutant qu'il me demandât si je me prenais pour Claudel, Soubirou, Fouquet. Il ne dit rien. Nous n'entendîmes pas même les cigales*. Et aucun de nous ne pensa les interposer ici. Plus tard quand je revis Deale, il me dit : Les Fulambules, il faut les réaliser maintenant.
Carnets d'atelier, 13.02.1999

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(*) Les cigales, allusion à Propos métaphoriques.

vendredi 6 août 2010

CARNET/JOURNAL



















 Quand dans les années 90 j'effectuais des mises en scène de peintures en parallèle j'établissais, comme ci-contre, un carnet/journal photographique du travail journalier que nous effectuions.
Ce carnet/journal que j'intitulais alors Planches-contacts est devenu, quand je le feuillette aujourd'hui, un album photographié de souvenirs .
Aujourd'hui encore mes activités s'élaborent toujours et s'inscrivent dans ma mémoire comme des décors successifs de mises en scène, comme des planches-contacts.
Deale Esq., Propos d'atelier aout 2010.


Crédit photographique F. Tésorio.

mercredi 4 août 2010

REGARDISTAAN




" Un regard qui a basculé dans un autre monde, un monde qui a produit un autre homme, une autre humanité. Cet homme de bientôt est peut-être l'homme regardant, contemplant, laissant faire, spectateur de lui-même et de ce qui l'entoure. Un homme sur lequel l'homme du passé perd prise. Ce regard de l'homme d'une autre humanité n'a pas encore généré son prochain ou lointain destructeur et sa fin. C'est l'homme d'une humanité qui dispose d'un peu de temps devant elle. Homme ou monstre? "

Regardistaan, encre sur épreuve d'imprimerie, 29 X 16 cm,

N.D.L.R. In Carnets d'atelier, Editions Libres impressions, 2001, page 19.

mardi 3 août 2010

J'IGNORE











J'ignore ce qui fait la frontière entre la contemplation, le rêve, l'hallucination, la folie. J'ignore même s'il en est une. J'ignore encore si porter un rêve à l'état de réalité n'est pas aussi une folie.
Carnets d'atelier, 15 février 1999.


Sans titre, encre sur épreuve d'impression